Collaboration avec l’ESACM : « sur-expositions »

« Sur-expositions – acteurs, images, projections d’une nouvelle tendance » est un groupe de recherche situé à l’ESACM, École Supérieure d’Art Clermont Métropole et coordonné par Jacques Malgorn, Camille Varenne, J. Emil Sennewald. Partant du phénomène redondant de l’« artafricanisme », il a pour objectif à soulever des questions sur la fonction et le fonctionnement de l’exposition comme dispositif et comme mode d’identification des lieux, objets et sujets artistiques, particulièrement au moment d’une « sur-exposition » d’artistes d’une scène identifiée comme « innovatrice ». Ce projet se veut le point de départ pour des futurs projets de recherche artistique questionnant l’Europe, l’Afrique et le Monde.

Conçu en collaboration avec le groupe de recherche EnsadLab « Displays », des réunions de travail prévues pour le 7 et 8 décembre à Clermont-Ferrand permettront d’identifier des axes principales pour discuter des explications du nouvel élan afro-européen, de soulever des positions exemplaires, notamment en photographie et film, d’analyser le rôle de festivals, biennales et foires et de préciser les écosystèmes impliqués et les espaces de critique possibles.

En appliquant la pratique d’une recherche par l’art, le groupe mène son travail non pas en confirmant l’émergence de l’art contemporain africain, mais plutôt en agissant avec. L’objectif n’est pas de se dissocier de l’objet de recherche pour l’analyser, mais au contraire de faire corps, et d’éprouver ses différentes formes et états. Le dialogue et l’échange sont donc au cœur de la méthodologie. Pour articuler cette pensée collective, les rencontres doivent se construire en amont, pour densifier le lien et créer les conditions d’une parole élargie et libre de circulation.

Ces journées sont donc principalement dédiée à l’organisation des journées de rencontre « sur-expositions », qui auront lieu début mai 2018 à l’ESACM.

Pour davantage d’informations contacter jesennewald@esacm.fr

IMéRA : Exposition, une nouvelle forme d’écriture ?

Table-ronde dans le cadre du cycle Recherche, art, pratiques numériques #10
Mercredi 15 février 2017, 10h00-12h30
IMéRA, 2 place le Verrier, 13004 Marseille

Exposition, une nouvelle forme d’écriture ?

Avec Manoel Pénicaud (anthropologue, Institut d’ethnologie méditerranéenne européenne et comparative, AMU-CNRS). Thierry Fournier (artiste et curateur, co-coordinateur du programme de recherche EnsadLab Displays, Ensad, Paris) et Denis Chevallier, ethnologue et commissaire d’exposition (MuCEM)

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias, CNRS/AMU/EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU) et Manoël Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU).

1. Mise en abîme du processus d’exposition du religieux, par Manoël Pénicaud, anthropologue (IDEMEC-CNRS-AMU)

Anthropologue et co-commissaire de l’exposition « Lieux saints partagés », je propose une réflexion d’ensemble sur l’itinérance de ce projet à Marseille (MuCEM), Tunis (Bardo) et Paris (MNHI), puisque chaque étape implique une réécriture (« hétérographie ») et une nouvelle scénographie. Comment mettre en scène le religieux qui est lui-même mis en scène et chorégraphié par les croyants, telle est la mise en abyme qui sera questionnée. Je présenterai les différents dispositifs numériques, audiovisuels et interactifs mis en œuvre dans cette série d’expositions consacrées aux sanctuaires fréquentés par des fidèles de religions différentes autour de la Méditerranée.

2. Vies d’ordures : comment exposer l’économie des déchets, par Denis Chevallier, ethnologue et commissaire d’exposition (MuCEM)

Conservateur général du patrimoine et ethnologue, Denis Chevallier est aussi l’un des commissaires de la future exposition du MuCEM : « Vies d’ordures, de l’économie des déchets», qui ouvrira le 21 mars prochain. Cette exposition abordera à travers la question des déchets, leur nature, leur provenance, leur traitement, leur valeur, la grave crise écologique qui touche notre planète. Appuyé sur des enquêtes ethnologiques, l’exposition s’attardera sur les lieux, les gestes, les hommes des déchets. En prenant acte des mobilisations politiques, technologiques, citoyennes en cours l’exposition sera une occasion de plus d’alerter sur l’ampleur et les conséquences d’une catastrophe déjà présente et de présenter quelques solutions. Denis Chevallier livrera donc in vivo le processus de réflexion, de sélection et d’arbitrage qui prévaut dans la mise en exposition d’un sujet de société, en évoquant en s’arrêtant particulièrement sur les dispositifs numériques et audio-visuels prévus.

3. Recherche par l’exposition et condition post-numérique, par Thierry Fournier, artiste et commissaire d’exposition (EnsadLab Displays, Ensad, Paris)

Alors qu’aujourd’hui la condition d’exposition qualifie aussi bien celle de l’art que celle des personnes dans un environnement numérique, et que l’expérience des œuvres est confrontée à une logique de surexposition généralisée, comment l’exposition peut-elle constituer aujourd’hui un moment spécifique d’expérience, d’interrogation et de critique ? Thierry Fournier évoquera ces enjeux et sa démarche de commissaire à travers plusieurs exemples d’expositions récentes et les directions de travail du groupe de recherche Displays.

*

Ce séminaire transdisciplinaire s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières.

Dans le domaine des sciences humaines et sociales, le recours aux pratiques numériques conduit à de nombreux bouleversements que ce soit dans la collecte, la production et le traitement de données, ainsi que l’élaboration de nouvelles formes de narration et d’édition. Le tournant numérique conduit les chercheurs à reconsidérer leurs méthodes, leurs catégories, leurs paradigmes, leurs orientations théoriques, leurs objets, leurs formes de labellisation et les cadres des champs disciplinaires. D’ailleurs, compte tenu des collaborations toujours plus nombreuses qu’implique le recours au numérique entre d’un côté les sciences humaines et de l’autre les sciences exactes et expérimentales, il semble plus pertinent de parler de Digital Studies que Digital Humanities.

Dans le domaine de l’art, le numérique ouvre également des champs de pratiques radicalement nouveaux. Il transforme la relation des artistes aux outils qu’ils utilisent et aux connaissances qu’ils convoquent, produisent ou questionnent. Il transforme le statut et les formes des œuvres. En introduisant de nouvelles modalités pour assurer leur circulation, il modifie également leur relation avec le public. Le numérique bouleverse la place de l’auteur qu’il place dans une relation dynamique par rapport aux flux d’information, de circulation des images, des sons et des formes. Il donne ainsi une nouvelle importance à l’invention de dispositifs dans lesquels ces formes sont données à l’expérience, ouvrant d’infinies possibilités d’interaction avec l’œuvre. Il donne enfin une nouvelle dimension au travail collectif, à des formes diverses de collaborations, d’échanges et de contributions. D’une façon générale, on peut dire que le numérique déplace les pratiques artistiques et conduit à réfléchir autrement les relations entre arts et sciences.

Ce séminaire rassemblera des chercheurs en sciences humaines (sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens, littéraires), en sciences dures (informaticiens, physiciens, mathématiciens, etc.), des artistes (designers, hackers, programmeurs, média tactique, etc.) ainsi que des professionnels (industriels, chargés de communication, etc.). Notre objectif est de favoriser des croisements, des emprunts et des déplacements qui seront propices à l’identification de nouvelles pistes de réflexion et de recherche, voire à la mise en œuvre d’expérimentations collaboratives.
Chaque mois, des participants seront invités à présenter leurs expérimentations d’outils numériques de collecte (applications mobiles, capteurs oculaires, systèmes SIG, etc.) ou d’indexation et de traitement des données recueillies (bases de données, systèmes de visualisation ou de sonification, etc.). Certains feront part de leurs explorations de dispositifs d’écriture et de modélisation de la connaissance (jeux vidéo, machinima, web documentaires, etc) ou encore de nouvelles formes d’édition électroniques.

Trois types de questions seront développés.

1) Il s’agira tout d’abord de voir comment, et jusqu’à quel point, ces pratiques et instruments transforment notre rapport au monde, nos méthodes de recherche, la construction de nos objets, la modélisation et la diffusion de notre connaissance et de nos oeuvres.

2) Nous nous interrogerons aussi sur l’impact des processus collaboratifs qu’impliquent les pratiques numériques entre chercheurs, artistes et professionnels. L’objectif est d’évaluer les apports que chaque démarche (scientifique, artistique, professionnelle) apporte aux autres.

3) Nous verrons enfin comment ces processus collaboratifs bouleversent les champs disciplinaires, les points de vue et les formes d’autorité qui organisent notre recherche et notre pratique et conduisent à repenser de manière créative de nouvelles formes de rencontre entre les disciplines scientifiques et entre celles-ci et les non-spécialistes.

Commençant en janvier 2016, ce séminaire fonctionnera selon un rythme de rencontres mensuelles, d’une durée de trois heures.

Partenariats :
IMéRA, Institut d’études avancées d’Aix-Marseille (AMU)
Centre Norbert Elias (CNRS/EHESS/AMU)
Institut de Recherche et d’Etudes sur le monde arabe et musulman (CNRS/AMU)
Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence
Institut d’Ethnologie Mediterranéenne Européenne et Comparative (CNRS/AMU)

Catalogue : Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard

« Comment bâtir un uni­vers qui ne s’effon­dre pas deux jours plus tard », dont le titre est tiré d’un texte de l’auteur de Science-Fiction Philip K. Dick, est un cycle de trois expo­si­tions, déve­loppé lors d’une année de rési­dence de com­mis­sa­riat à la Maison Populaire de Montreuil, en 2016. Constitué de trois volets, il inter­roge notre rela­tion au monde, sa concep­tion, sa per­cep­tion, et le rôle qu’on se prête à y jouer.

La pre­mière expo­si­tion, « Simulacres », s’enquiert de notre appré­hen­sion du réel et de la réin­ter­pré­ta­tion que nous fai­sons de celui-ci, comme une réabs­trac­tion du monde. La seconde, « Relativités », inves­tit la per­cep­tion de l’espace et ses rico­chets sur notre per­cep­tion du temps, phy­si­que d’une part, psy­cho­lo­gi­que de l’autre. L’ultime volet, « Entropies », sonde les effets du temps sur le déploie­ment de l’espace, leurs mani­fes­ta­tions et leurs consé­quen­ces.

Les accom­pa­gnant et pro­lon­geant leurs réflexions, trois tables rondes, modé­rées par l’artiste et com­mis­saire d’expo­si­tion Thierry Fournier, ont été orga­ni­sées durant le cycle, avec les inter­ven­tions cri­ti­ques de Marion Zilio, Emil J. Sennewald et Ingrid Luquet-Gad, ainsi qu’une série de per­for­man­ces et de ren­contres. Enfin, le cycle a donné lieu à la publi­ca­tion du pré­sent cata­lo­gue, pré­facé par Thierry Fournier, artiste et commissaire d’expositions, co-responsable du groupe de recherche EnsadLab Displays, Ensad.

DESCRIPTIF

Catalogue d’expo­si­tion, Centre d’art de la Maison Populaire, Montreuil,
Direction éditoriale : Marie Koch et Vladimir Demoule
Editions Maison Populaire et Nouvelles Editions Scala, Paris, 2016.
160 pages
Prix : 19 €
Langue fran­çaise
ISBN : 978 2-35988-178-3

Artistes : Matteo Bittanti, Pierre-Laurent Cassière, Eva Chettle, Alain Damasio, Maxime Damecour, David Delruelle, Alix Desaubliaux, Magali Desbazeille, Côme Di Meglio, Evelina Domnitch, Félicie d’Estienne d’Orves, Harun Farocki, Malachi Farrell, Irene Fenara, Colleen Flaherty, Dmitry Gelfand, Joe Hamilton, Nandita Kumar, Pierre-Jean Lebassacq, Eliott Paquet, Matthias Pasquet, Emilie Pitoiset, Floriane Pochon, Daniel Spoerri, Édouard Sufrin, The LP Compagny, Flavien Théry, Thomas Tronel-Gauthier, Davey Wreden et Miao Xiaochun.
Auteurs : Préface de Thierry Fournier et textes de Marie Koch et Vladimir Demoule.

Intervenants pro­gram­ma­tion asso­ciée : Annabelle Ameline, Aurèle & Louis Castel, le col­lec­tif Miracle (Benjamin Efrati, Alain Damasio, Magali Desbazeille, Marin Esteban, Wassim Halal, Noel Sarlaw et Diego Verastegui), Thierry Fournier, Pierre-Jean Lebassacq, Ingrid Luquet-Gad, Jean-Marie Ozanne, Floriane Pochon, Anne Roquigny, J. Emil Sennewald, The LP Company (Laurent Schlittler & Patrick Claudet), Miyö Van Stenis, Édouard Sufrin et Marion Zilio.

© Crédit pho­to­gra­phi­que de la cou­ver­ture : Aurélie Cenno

Tables rondes : Comment bâtir un univers qui ne s’effondre pas deux jours plus tard, Maison Populaire de Montreuil

Tables rondes autour du cycle d’expo­si­tions « Comment bâtir un uni­vers qui ne s’effon­dre pas deux jours plus tard » et des œuvres pré­sen­tées dans chacun des trois volets d’expo­si­tion, en pré­sence des cura­teurs Vladimir Demoule et Marie Koch.

Conception et modération Thierry Fournier, artiste, cura­teur et res­pon­sa­ble du groupe de recher­che Displays, EnsadLab / PSL, en partenariat avec EnsadLab.

Table-ronde 01 : Les lieux de l’œuvre – le 18/03/2016 avec Marion Zilio, doc­teure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, dans le cadre de la pro­gram­ma­tion du pre­mier volet d’expo­si­tion « Simulacres ».

Table-ronde 02 : Mémoires et tem­po­ra­li­tés – le 17/06/2016 avec J. Emil Sennewald, cri­ti­que d’art, ensei­gnant et jour­na­liste, lau­réat du Prix AICA France de la cri­ti­que d’art en 2016 et co-responsable du groupe de recherche EnsadLab Displays, dans le cadre de la pro­gram­ma­tion du second volet d’expo­si­tion « Relativités ».

Table-ronde 03 : Entropies – le 11/10/2016 avec Ingrid Luquet-Gad, jour­na­liste et cri­ti­que d’art, dans le cadre de la pro­gram­ma­tion du troi­sième et der­nier volet d’expo­si­tion « Entropies ».

Versions, atelier-colloque international de recherche, sept 2016

Qu’attendons-nous des expositions, notamment dans le contexte des cultures post-numériques ? VERSIONS est un premier atelier-colloque international de pratique, discussion et critique pour expérimenter et discuter des formes d’exposition, du 5 au 16 septembre à la Maison Populaire de Montreuil. À l’inverse d’une démarche curatoriale partant d’une proposition donnée pour déployer des œuvres, Versions part des propositions des acteurs eux-mêmes, pour une expérimentation par la pratique des « conditions de possibilité » de l’exposition. Les participant·e·s interviennent en trinôme pendant deux semaines d’atelier, dont deux journées ouvertes de discussion auxquelles le public est invité sur réservation pour échanger avec les participant·e·s sur la question « Qu’attendons-nous des expositions ? ».

Les 5 et 6 septembre, premier atelier avec Yuk Hui, philosophe, chercheur associé à l’Institut de Culture et d’Esthétique des Médias Numériques de l’Université Leuphana à Lüneburg, Jan Kopp, artiste, enseignant (ESACM Clermont-Ferrand), Mathilde Roman, critique, curatrice et enseignante-chercheuse au Pavillon Bosio – École Supérieure d’Arts Plastiques de la ville de Monaco et l’équipe de Displays.

Le 7 septembre, discussion publique « Qu’attendez-vous des expositions » avec Eli Commins, artiste, chargé de la coordination de la politique numérique au Ministère de la Culture et de la Communication, Jean Cristofol, philosophe et enseignant-chercheur à l’ESAA Aix-en-Provence, Yuk Hui, philosophe, chercheur associé à l’Institut de Culture et d’Esthétique des Médias Numériques de l’Université Leuphana à Lüneburg, Jan Kopp, artiste, enseignant (ESACM Clermont-Ferrand), Claire Malrieux, artiste, enseignante (Beaux-arts Hauts-de France) et chercheuse EnsadLab, Mathilde Roman, critique, curatrice et enseignante-chercheuse au Pavillon Bosio – École Supérieure d’Arts Plastiques de la ville de Monaco, Ann Stouvenel, curatrice et responsable des arts visuels à Mains d’Œuvres.

Les 8 et 9 septembre, deuxième atelier avec Jean Cristofol, philosophe et enseignant-chercheur à l’ESAA Aix-en-Provence, Claire Malrieux, artiste, enseignante (Beaux-arts Hauts-de France) et chercheuse EnsadLab, Ann Stouvenel, curatrice et responsable des arts visuels à Mains d’Œuvres et l’équipe de Displays.

Les 13 et 13 septembre, troisième atelier avec Milad Doueihi, historien et titulaire de la chaire d’humanisme numérique à l’université de Paris-Sorbonne, Laura Gozlan, Véronique Souben, historienne d’art, curatrice et directrice du FRAC Haute-Normandie et l’équipe de Displays.

Le 14 septembre, discussion publique « Qu’attendez-vous des expositions » avec Martin John Callanan, artiste, Milad Doueihi, historien et titulaire de la chaire d’humanisme numérique à l’université de Paris-Sorbonne, Laura Gozlan, artiste, Guilhem Pratz, réalisateur et producteur, Véronique Souben, historienne d’art, curatrice et directrice du FRAC Haute-Normandie, Pau Waelder, critique et curateur, Marion Zilio, critique, curatrice et directrice du salon Young International Artists.

Les 15 et 16 septembre, quatrième atelier avec Martin John Callanan, artiste, Guilhem Pratz, réalisateur et producteur, Pau Waelder, critique et curateur et l’équipe de Displays.

Un évènement co-organisé par le groupe de recherche Displays, EnsadLab – Laboratoire de recherche de L’EnsAD, coordonné par Thierry Fournier (artiste, curateur, enseignant EnsadLab et Ensad Nancy) et J. Emil Sennewald (critique d’art, journaliste, enseignant Esacm et EnsadLab), et le labex ICCA. Étudiants-chercheurs EnsadLab Displays : Gaspard Bébié-Valérian, Thomas Cheneseau, Dorian Reunkrilerk, chercheuses associées Pauline Gourlet (designer et doctorante Univ. Paris 8) et Rahaf Demashki (graphiste et artiste, doctorante à l’Université de Rennes 2). Merci à Annie Agopian, Floriane Benjamin, Marie Koch, Vladimir Demoule et l’équipe de la Maison Populaire de Montreuil.

Logo-Ensad-ICCA-MCC

Nouveaux étudiants chercheurs EnsadLab Displays

EnsadLab / Displays a le grand plaisir d’accueillir ses nouveaux étudiants-chercheurs : Gaspard Bébié-Valérian (artiste et curateur, co-responsable de Oudeis, Le Vigan), Thomas Cheneseau (artiste et curateur), Dorian Reunkrilerk (chercheur en art et design, co-fondateur du projet ACA). Plus d’informations bientôt sur cette page.

Publication : Recherche par l’exposition et condition post-numérique

Publication : Thierry Fournier, J. Emil Sennewald et Pauline Gourlet, Recherche par l’exposition et condition post-numérique, Proteus Journal #10, Le Commissariat comme forme de recherche [en ligne], publié le 10 juillet 2016. La version anglaise de cet article sera publiée le 5 septembre 2016.

Abstract

Nous considérons que l’exposition comme forme de recherche doit être abordée dans le contexte d’une condition post-numérique, caractérisée par une présence désormais généralisée du numérique et du réseau. Nous développons dans cet article l’incidence de cette condition, en montrant comment elle a déplacé la question du commissariat vers le curatoriat et la curation et comment elle a transformé les interactions entre acteurs, objets et espaces et déplacé les méthodes. Plutôt que le seul commissariat, nous proposons alors d’aborder la notion d’exposition comme « pratique cognitive » qui provoque la pensée plutôt qu’elle ne la représente. Une recherche par l’exposition vise une émancipation de ses acteurs en plaçant ses composantes en situation transductrice : sujets, contextes, objets, espaces et dispositifs.

Mots-clés

Commissariat d’exposition, curatoriat, post-digital, émancipation, transduction

Extrait (introduction)

Sous l’emprise de l’industrie culturelle contemporaine, alors que les institutions, marchands et politiques cherchent à maximiser le profit symbolique de la culture, que les technologies numériques deviennent le quotidien de la « médiation » en art et de la muséographie, que les territoires du pouvoir de définition sont renégociés entre acteurs culturels et scientifiques sous le terme de « recherche », il devient capital de poser la question des conditions. Conditions de la recherche, de la culture, de l’exposition, qui sont largement remodelées par l’omniprésence du numérique et d’internet, qui ne sont pas arrivés à leur fin, mais, comme l’a formulé si justement l’artiste Hito Steyerl, « is all over ». Après les utopies, promesses et idéologies des « nouvelles technologies », après l’ubiquité du numérique, après l’économie de l’expérience et de la capture attentionnelle, après enfin que la sphère culturelle ait été transformée de manière fondamentale pour devenir un processus qui se regarde soi-même en train d’agir, comment peut évoluer la pensée des expositions et comment le commissariat peut-il constituer une forme de recherche ?

Pour limiter le champ d’analyse de cet article, nous nous concentrerons ici sur les expositions en art. Nous tenterons de définir ce qui caractérise une condition post-numérique et ce qu’elle a déjà changé aux processus d’exposition. Nous aborderons ensuite ce que serait une recherche par l’exposition, puis nous tenterons de dessiner les enjeux d’une pensée par l’exposition et en quoi elle serait redéfinie par une condition post-numérique. Nous interrogerons enfin les possibles réappropriations de ces dispositifs : comment les artistes et les commissaires peuvent-ils proposer une expérience émancipatrice ?

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Rencontre 2015 #03 : Expérimentations et publics

Comment évoluent les attentes et les pratiques des spectateurs ? Le 4 juin 2015 à l’Ensad.

Avec Eli Commins (auteur et metteur en scène, chargé de la coordination de la politique numérique, DGCA, Ministère de la Culture), Nathalie Candito (responsable de l’évaluation, Musée des Confluences, Lyon), Raphaële Jeune (commissaire d’exposition, Art to be) et François Mairesse (muséologue, professeur à l’Université Paris 3, CERLIS / ICCA). Modérateurs : Thierry Fournier (artiste, curateur et chercheur, responsable du projet Displays, EnsAD) et J. Emil Sennewald (critique et journaliste, enseignant, co-coordinateur du projet).

Comment évoluent les attentes et les pratiques des spectateurs, la distribution (ou le recouvrement) des rôles entre artistes, commissaires, critiques, muséographes, scénographes ? Comment le relier au contexte de la critique institutionnelle ? Comment expérimenter avec et en présence du public ? Quels sont les objectifs et enjeux de la participation et notamment des réseaux sociaux dans les musées et les expositions ?

Rencontre 2015 #02 : Espaces

Comment évoluent l’espace et les lieux de l’exposition ? Le 29 mai 2015, Ensad.

Avec Jean Cristofol (philosophe et chercheur, ESA Aix-en-Provence, Mari Linnman (commissaire d’exposition, Nouveaux Commanditaires, Contexts, Paris) et Pau Waelder (critique, commissaire d’exposition et chercheur, Palma de Mallorca). Modérateurs : Thierry Fournier (artiste, curateur et enseignant) et J. Emil Sennewald (critique d’art, journaliste et enseignant), coordinateurs du groupe de recherche Displays.

Comment évoluent l’espace et les lieux de l’exposition ? Une partie importante de l’accès à l’art et à la culture s’effectuant désormais en ligne, comment évolue la spécificité d’expérience des expositions ? Quelles formes s’inventent-elles dans un dialogue entre espace réel et réseau ? Comment lier espaces collectifs de l’exposition et pratiques individuelles du web ? Comment mettre en œuvre une critique et une émancipation vis-à-vis des logiques de l’économie de l’attention ? Comment qualifier les relations entre musées, expositions en ligne et bases de données ?

Rencontre 2015 #01 : Nouveaux objets

Comment évoluent les objets de l’exposition ? Lundi 30 mars 2015, Mac Créteil.

Avec Inke Arns (commissaire d’expositions, directrice du Hartware MedienKunstVerein, Dortmund), Charles Carcopino (commissaire d’exposition, festival Exit et MAC Créteil), Marc-Olivier Gonseth (conservateur du Musée d’Ethnographie de Neuchâtel), Emmanuel Mahé (directeur de la recherche de l’EnsAD), François Mairesse (professeur à l’Université Paris 3, CERLIS / ICCA), Claire Malrieux (artiste et enseignante à l’Ensci, Paris) et Omer Pesquer (concepteur muséographique, enseignant à l’Université Paris 3). Modérateurs : Thierry Fournier (artiste, curateur et enseignant) et J. Emil Sennewald (critique d’art, journaliste et enseignant), coordinateurs du groupe de recherche Displays.

Comment évoluent les objets de l’exposition : des objets physiques et des œuvres vers les gestes, les situations performatives, expérimentations et processus ? Les éditions numériques, les formes mobiles, le réseau, la reproductibilité et la simulation bouleversent-ils les formes curatoriales ? Comment les expériences de co-création muséographique peuvent-elles s’exercer en art ? Quelles approches critiques appellent ces nouveaux objets ?

Partenaire du projet, la MAC Créteil accueille Displays à l’occasion du festival Exit dans son nouvel espace d’expérimentation MAC Plus.

Rencontres Displays 2015

Displays a organisé trois rencontres publiques au printemps 2015. Elles ont pour objectif de lancer le projet, identifier les problématiques, questionner les réalités et de créer des outils pour la suite. Elles constitueront dans le même temps un premier terrain de discussion et de préfiguration des trois thématiques principales et de collaboration avec les invités. Une publication numérique sera éditée suite à ces rencontres, comme outil de documentation, de travail et de développement.

Table ronde 01 : Nouveaux objets, 30 mars, MAC Créteil

Table ronde 02 : Espaces de l’exposition, 29 mai 2015, Ensad

Table ronde 03 : Expérimentations et publics, 4 juin 2015, Ensad

Colloque EnsadLab Diip 2014 : Expérimenter le musée

Colloque « Expérimenter le musée » le 20 juin 2014 à l’Ensad dans le cadre de EnsadLab / Diip, organisé par Emmanuel Mahé, directeur de la recherche, et Thierry Fournier, artiste, curateur et enseignant-chercheur.

Comment expérimenter au musée, ou comment expérimenter le musée – autant pour ceux qui les animent que pour ceux qui les pratiquent ? Jusqu’où peut-on essayer, prendre des risques, commettre des erreurs, comme concepteur mais aussi comme visiteur ? Comment mettre en œuvre dans le temps, dans l’espace et dans l’organisation, les conditions spécifiques d’une innovation et d’une invention collective ? Une publication a été créée en temps réel pendant la rencontre. Conçue et réalisée par l’équipe de g-u-i avec Lucile Haute, Tom Huet et Jean-François Robardet, elle a été finalisée dans le mois suivant la journée d’études et publiée sur Lulu.com. Cette expérience innovante prolonge ainsi la notion d’expéri­men­tation dans le champ éditorial. Liens : www.g-u-i.net

Participants

Conçue comme une journée intensive de discussions et d’échanges entre les invités et un public délibérément limité, elle réunissait Samuel Bausson (co-fondateur du projet Muséomix), Abla Benmiloud-Faucher (responsable partenariats, direction des partenariats culturels, Orange), Xavier Boissarie (fondateur de Orbe et enseignant, Paris), Noémie Breen (chef d’unité conception et production multimédia, Musée du Louvre, Paris), Nathalie Candito (responsable du service des éditions et de la valorisation, Musée des Confluences, Lyon), Anne Lamalle (directrice de projets culturels et numériques / RMN, Louvre, Louvre-Lens, Jean-Pascal Marron (chef de projet multimédia, Nîmes Métropole), avec Emmanuel Mahé et Thierry Fournier.

Protocole : trois espaces pour une publication en direct

Pour permettre la création de la publication dans le même temps que la discussion, la journée d’étude est répartie en trois espaces :

Colloque

La journée d’études a été exclusivement consacrée à des échanges libres autour de questions choisies, le public peu nombreux étant invité à participer aux débats. Chacun avait pu prendre préalable connaissance des activités des invités, afin d’entrer directement dans le vif du sujet. L’absence de de keynote ou de vidéoprojection permettait de privilégier les discussions. Les invités partagent une table en « U » tournée vers le public. Quatre écrans dispersés dans la salle donnent à voir l’élaboration de la publication en direct, dans la pièce voisine.

Espace d’édition

Relié à l’espace de conversation par une retransmission audio, un secrétaire prend en note les notions abordées. Ces notes sont ensuite réparties entre trois postes de modeleurs qui vont en proposer une représentation. En fin de processus, un éditeur sélectionne les représentations, réécrit la note prise pour en faire une légende et recompose ligne par ligne la séquence de discussion.

Espace de restitution

Une sélection de modelages et le chemin de fer de la publication sont exposés aux participants et spectateurs, à la fin de la journée.

Publication

Commander la publication sur Lulu, 68 pages, couverture souple, prix 5.62 €.

Réalisée en direct pendant la journée d’études, cette publication propose un compte rendu sélectif de ses discussions. Cette expé­rience innovante prolonge ainsi la notion d’expéri­men­tation dans le champ éditorial. Un fil vertical associe des phrases-clefs notées au vol, une sélection issue du live tweet, des photographies et des modelages en plasticine figurant des concepts ou situations. Sa consultation peut être accompagnée de l’écoute du verbatim audio, ci-dessous.

Verbatim audio de la rencontre

Écouter l’ensemble des discussions de la journée d’études, chapitré par les différentes questions abordées.


Présentations générales

Expérimenter le musée

Quelles expériences de rupture ?

Où est l’expérimental ?

Quel rôle pour les artistes ?

Introduction après-midi

Quels modèles de collaboration ?

Quel espace existe-t-il pour les erreurs ?

L’expérimentation juridique

Comment évaluer les expérimentations

Conclusion : de quoi peut-on rêver ?

Organisateurs et modérateurs

Emmanuel Mahé, directeur de la recherche Ensad http://www.ensad.fr
Thierry Fournier, artiste, curateur et enseignant-chercheur (EnsadLab, Ensa Nancy, Sciences Po), http://www.thierryfournier.net

Intervenants

Jean-François Robardet, artiste plasticien, reportage photographique
Lucile Haute, Ensad, live tweet

Conception et réalisation de la publication

Benoît Verjat (artiste, designer et étudiant- chercheur à EnsadLab), Tanguy Wermelinger (éditeur et designer tanguywermelinger.com), Nicolas Couturier, Bachir Soussi-Chiadmi, Angeline Ostinelli, Sarah Garcin, Julien Gargot (designers, g-u-i.net), Tom Huet (scénographe et concepteur lumière et étudiant-chercheur à EnsadLab, tomhuet.com), Anne Sophie Milon (illustratrice et animatrice, anne-sophie-milon.com), Hélène Bertin (artiste).